jeudi 27 septembre 2012

PUNK BLEIBT PUNK - KOTZREIZ

(2012)


  Kotzreiz c'est un peu le genre de groupe de punk dont je me méfie.
Déjà, ils sont sur Facebook et l'utilisent activement. Et Facebook c'est pas très punk. Ensuite ils viennent de Berlin, qui présente une scène punk active mais contaminée par le virus sournois de la hype. Et comme je suis un sale con, fuck la hype. Casserole de plus, ils ont plein de tatouages trop-stylés-genre-graff... Ouais, les tatouages quand c'est pour se donner une image de marque, ça craint. Et enfin, leur batteur est le même que celui de Jennifer Rostock, un autre groupe oscillant dans un genre tantôt excellent tantôt dégueulasse : le rock électro à l'oestrogène.

Bon alors, pourquoi s'attarder sur leur cas ?

Hé ben à cause de çà :


Oui, une vidéo promo que beaucoup de petits fans de deutschpunk ont fait tourner sur le Net. Une video limite virale...pas du tout punk comme façon de faire, mais le son déchire du poney doré, si vous voyez ce que je veux dire.Kotzreiz parviendra-t-il à fournir une bonne dose de came punk allemand, en cette année 2012 ?
C'est ce qu'on verra.

  La première écoute s'est avérée très décevante. J'avais l'impression d'écouter du rien, du vide, comme après Let Go d'Avril Lavigne sincérement. Je m'attendais à quelque chose de très pop à vrai dire, et j'ai été servi. Oubliez vos envies de hardcore furieux ou de D-beat, ici c'est plutôt kaugummi und bier. Cependant, après plusieurs écoutes on commence à vraiment entrer dans le truc, et c'est là que çà devient pas mal.

  Le son en soi n'est pas mauvais, loin de là. Je l'ai même trouvé très varié pour un album de punk rock. Les influences les plus décelables sont les Ramones et les vieux groupes allemands comme Chaos Z, Inferno,Vorkriegsjugend mouture années 90 ou encore The Lost Lyrics (au début de 'Pffeffi Graff' j'ai cru que c'était 'Der Goldene Reiter'). Cependant l'impression de constamment écouter un album de quelqu’un d'autre est assez déconcertante, surtout quand le spectre va de De Heideroosjes à Kansas vom Elsass et pourra faire décrocher l'auditeur. Et pourtant, les compos même si elles sont simples, sont efficaces. Techniquement il ne faut s'attendre à rien. La batterie est carrée, presque taillée pour de l'électro tellement elle est plan-plan, mais la guitare rattrape celà allégrement.
Bref, on va pas se branler 107 ans sur ces pistes pour l'aspect technique. La production est bien ficelée et ça suffit à rendre l'album plutôt agréable à écouter, passée la première impression.

  Le chant d'ailleurs n'existe pas vraiment. Il y a bien des refrains sous formes de chœurs en sing-along, mais l'essentiel des vocalises est constitué de cris ou de slogans scandés. En fait, ça tranche pas mal avec la musique plus soft, et le résultat global est plutôt pas mal.

  Le propos des paroles, à ce que j'en ai compris, flirte constamment avec le cliché de ce que doit être le deutschpunk. Premier ou second degré la frontière est ténue. L'alcool, les flics, la petite délinquance, le mauvais goût, un brin de culture pop du caniveau, le fait d'être un peu contre tout et rien, et la glorification du Punk avec un grand P, tout y est. Certains morceaux comme 'Raus!' ou 'Fressenbuch' résonnent comme des hymnes. Et franchement une bonne piste contre Stasi 2.0 AKA Facebook, je l'attendais depuis un moment. Mais c'est un peu hypocrite de la part de mecs qui sont sur le réseau de Zuckerberg...

  Il est trop tôt pour juger cet album, mais à mon avis, il finira comme une bouteille de vin par s'améliorer avec le temps, même si il présente tout de même certaines faiblesses ne le rendant pas extraordinaire. En conclusion, je me dis que j'ai bien fait de le télécharger comme une pute mouhahahahaha.




C'est pas mal :
-'Punkerpolizei'
-'Pfandflaschenmessi'
-'Totale Vergiftung', même si on a bien 35454564654 chansons anti-nazies sur Terre.
-'Fahrschein'
-'Fressenbuch'
-'Punk bleibt Punk' évidemment


Note : Messieurs les gendarmes, je respecte infiniment votre profession. En plus je suis un pauvre petit Français, et je ne peux pas me procurer ce disque autrement qu'avec Turboit. J'ai pas de boîte aux lettres...
(excuse n° 597 du Grand Livre des Excuses de Merde à sortir tout le temps et partout)

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