mercredi 5 septembre 2012

EIN KLEINES BISSCHEN HORRORSCHAU - DIE TOTEN HOSEN

(1988)


  Cet album est un des plus réputés du rock allemand, et pourtant point de traces d'une quelconque critique francophone, du moins dans les deux premières pages de Google. Avant tout, c'est un album qui mérite que l'on se penche dessus. Tour à tour génial et décevant il a durablement marqué le paysage musical en son temps Outre-Rhin et en constitue une des références.

  Les Toten Hosen, pas la peine de les présenter. Même Wikipédia a un bon article en français les concernant. On peut donc s'intéresser à l'album et son contenu. D'emblée on sait qu'on tient entre les mains un album "intelligent". Pas de démonstration de brutalité bestiale, on oublie tout de suite tout ce qu'on a pu entendre dans le genre "les Toten Hosen, c'est pas bourrin ça ?".

  Le tempo est plutôt mou, pour qui s'est gavé de rock "dur". On lorgne allégrement du côté de la pop grand public pour l'ensemble des compos. C'est bel et bien du rock ayant pour base le punk des années 70, mais très dilué. Oui, dans le même esprit que Green Day, mais encore plus mou.
La production donne aux guitares un son très éthéré pour une majorité des titres ainsi qu'une voix légérement fantomatique à Campino.
Certains morceaux comme les deux premiers et 'Musterbeispiel' vont dans l'autre sens, et insufflent un souffle épique à des mélodies très noires. Assez typique du son Hosen et terriblement efficace.

Pas de grande technicité par contre, mais un sens de la mélodie efficace quand il ne sombre pas dans la teutonade. La ligne est ténue, mais çà passe en général. Là on trouvera une certaine inégalité suivant les chansons.

  Fantomatique correspond bien à cet album, décidément. Outre sa légèreté musicale on trouve deux fils rouges qui hantent véritablement l'album : Beethoven et sa neuvième symphonie mais aussi - évidemment- Orange Mécanique.
 De Beethoven on retiendra surtout les morceaux symphoniques qui lient les pistes des Hosen entre elles. Les Allemands ont produit un album-concept, qui se rêve des airs d'opéra.
 D'Orange Mécanique on trouve la trace dans chacune des paroles et surtout dans leur violence, celle d'un système cruel érigé en seule et unique référence et confinant le citoyen à la folie.
Comme souvent chez les Toten Hosen le ton est noir, très noir, flirtant avec le dépressif.
Les textes, comme le nom de l'album l'indique, sont teintés d'horreur. Mais une horreur très quotidienne, presque totalitaire. C'est donc une illustration d'une société injuste et opprimante qui nous est chanté ici, sur du rock  plutôt mou. Médicaments, violence, vie de merde, prison, tout y passe.
 Seule '35 Jahre' fait exception et nous donne un texte plutôt moqueur sur ce genre de vieux qui regardent toujours par la fenêtre. Un court sursis.

  Mais ce qui en fait véritablement un album que l'on ne peut pas oublier ce sont ses pistes jumelles, 'Hier kommt Alex' et 'Bye bye Alex', qui sont construites presqu'en miroir. Leurs textes et leurs mélodies se ressemblent et se répondent. De la première piste du disque et la cruauté aveugle qu'elle nous montre on passe à la dernière où on nous narre les contradictions pathétiques d'un triste clown.
Définitivement un coup de génie.

  Au final, on a là un bon album de rock avec une construction contradictoire. La musique est aérienne, mais les textes touchent les bas-fonds de la condition humaine (en Occident du moins...). C'est donc le fruit d'une réflexion intéressante que l'on écoute. Cependant on pourra y trouver à redire : les effets sonores de cette fin des années 80 ont vieilli (pas forcément mal, mais font leur époque) et Campino et ses camarades se sont permis de créer quelques morceaux à beugler dans un stade bondé. Ce qui est sympa, mais peut lasser assez vite.





Le meilleur selon moi :
-'Hier kommt Alex' et 'Bye bye Alex'
-'Mehr davon'
-'180 Grad'
-'Testbild' la plus péchue du lot avec une double pédale un peu bizarrement placée
-'Musterbeispiel'

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