lundi 27 août 2012

LAS VULPES - ME GUSTA SER

(1983/2005)


  Sur ce blog, le rock français est très largement banni et décrié - bien entendu avec raison -, mais il est bon de se rappeler qu'il existe pléthore de contrées encore plus mal loties. Les pays hispanophones ont fait partie de la zone noire pendant très longtemps. Régimes plus ou moins fachos, culture latine traditionnelle encore très présente et manque d'argent n'ont pas aidé.
Et pourtant, là aussi çà bouge. Car à la différence de ces couillons de Français, qu'on soit en Argentine, au Mexique ou en Espagne, les gens - et surtout les jeunes - aiment vraiment le rock et tous ses dérivés.
Dans les années 80 pourtant se formèrent là-bas aussi des groupes de rock ou de punk rock mais rien de bien génial à part un titre par-ci ou par-là, rien de gros n'avait vraiment émergé. Souvent on plongeait dans du dadaisme musical...

  Parmi tous ces singles il y en a un qui vaut son pesant de cacahuètes : 'Me gusta ser una zorra' ou 'J'aime être une salope'. Il fut l'oeuvre du premier groupe de rock/punk rock féminin hispanohone de tous les temps, las Vulpess. A l'époque, tout comme leurs modèles les Ramones et les Pistols, elles ont donné dans une musique simple et provocatrice. Elles ont eu leur heure de gloire puis plus rien. Jusqu'en 2005, où on ne sait pas trop pourquoi  ni comment, elles ont enfin fini leur album de jeunesse.
Il faut donc s'imaginer une situation de ce genre.
-M'man tu fais quoi ?
-Je vais finir mon album de punk rock avec mes copines d'il y a 20 ans.
-Euh OK... Mais les paroles, ça parle de quoi  à peu près ?
-Oh, les trucs habituels, tu sais... anarchie, être une salope, nucléaire, avoir une vie de merde...
 -...
 Voyons donc si ces mamans à la quarantaine florissante ont bien bossé.

  Déjà musicalement, c'est plaisant et pas aussi simpliste qu'on pouvait le craindre. Sous un aspect initial peu complexe en apparence on découvre après plusieurs écoutes qu'il n'en est rien. La linéarité et la répétition ne sont que partielles.
Les deux influences majeures qui planent sur cet album, citées plus haut, se retrouvent et se mélangent pour notre plus grand bonheur. Mais il y a également sur certains morceaux une seconde piste guitare, des solis, ou même une mélodie principale furieusement teintés rock'n'roll 50's ou rockabilly. L'exercice est très souvent casse-gueule, mais là celà semble couler de source. On a donc un son plus chaud, plus sympa, mais qui n'est pas mou pour autant. Et honnêtement je n'ai pas trouvé de morceau faible sur l'album. Les douze se valent et sont intéressants.

  Ensuite au niveau du chant c'est une très bonne surprise. Evelyn Zorrita a presque la même voix qu'en 1983 mais avec un je ne sais quoi de plus "mature" . L'âge ou les clopes. Ou les deux. Mais çà colle bien à la langue espagnole et au style de vocalises requis par le genre. C'est le type de voix que l'on imagine pour une Espagnole type, brune et grande gueule (Et chaude au lit aussi, oui, oui, petit(e) obsédé(e) ).
Les chœurs plus aigus menés par les trois autres Zorritas  ne sont jamais en trop et supportent très bien le tout. Parce que des chœurs dégueu vous ruinent une chanson en deux secondes.

  Au niveau des lyrics, on est pas déçu non plus et certains refrains bien crétins vous resteront en tête un moment. Tantôt ordurières, surtout sur les passages traitant de sexe ou critiquant l'Eglise et autres institutions, tantôt plus mièvres, les Zorritas évitent l'étiquette "rock de filles". Si certaines pistes ont un point de vue clairement féminin, l'ensemble ne se veut pas exclusivement réservé à un public de post-adolescentes en crise. En plus, les textes ont été écrit moins d'une décennie après la mort de Franco. Dans un pays des plus fachos "old school", il fallait le faire.

  Au final, çà faisait longtemps que je cherchais un album aussi simple et efficace qu'un truc des Ramones. Un truc que t'as envie d'écouter même loin de ton ordi chéri. Le voilà. Comme quoi pas besoin de verser dans les genres extrêmes pour trouver de quoi kiffer la vibe.




C'est cool : tout l'album mais disons plus particulièrement :
-'Inkisizion' pour son intro
-'Anarkia en tv'

-'Pasa de mi'
-'Me gusta ser una zorra' évidemment

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Articles aléatoires

Blogger