lundi 2 juillet 2012

UNIVERS SALE - CHARGE 69

2003

Une fois n'est pas coutume, on va parler d'un groupe français. Oui, de la France et avec des textes en français.
Ceux qui ont déjà parcouru le reste du blog, savent que je conchie la musique française actuelle, euh non tout court, tous courants confondus et ce à une brochette d'artistes près.  La France est sérieusement une chiasse en matière de culture depuis... les années 1880. Telle une vieille fille autrefois des plus ravissantes, elle se traine avec peine désormais et radote des trucs sans queue ni tête.
Rien de bien "bandant" depuis... toujours en fait. La scène punk-rock nationale est une vaste fumisterie à l'image du reste, de gogols qui singent les Anglais et les Américains sans bien comprendre ce qu'ils copient. A part Charge 69. Le seul groupe qui depuis les débuts hasardeux du punk-électro (cocorico...) de Metal Urbain a produit un son punk qui claque.

  Charge 69, c'est déjà des mecs de l'est, de la Lorraine, région industrielle déshéritée par excellence de notre "aimé pays". Un terreau à keupons sur le papier. Un vivier à weshs en pratique. Les mecs c'est donc pas  des parigos à la con, ils savent ce que c'est une vache et surtout une usine qui ferme. Ensuite ils ont le bon goût de se réclamer de ce qu'on appelle 'street punk', et pas du pire. Musicalement ils sont donc dans la droite ligne des UK Subs, des Cockney Rejects, et des autres. Mais pour de vrai, pas comme les autres putains de français.
Un style reconnaissable de suite.

  Univers sale est composé de 14 pistes dont 13 avec du texte qui devrait rentrer dans les quotas linguistiques imposés par l'Etat aux médias musicaux. Directs, sans trop de fioritures et pas chantés plus que çà. Le propos n'est pas des plus fins ('Putain de condé'), parfois maladroit ('Tatouages'), mais toujours exprimé avec honnêteté. On évite donc les écueils sempiternels des productions gauloises et ça fait du bien. Les thèmes abordés sont la plupart du temps traités de manière frontale, sans trop de second degré. On a surtout droit à des thèmes sociétaux, mais aussi  parfois plus personnels. Et c'est ces pistes-là qui me plaisent le plus.
Le chant de Vérole, donne toute sa saveur à une musique de bonne facture pour le style. Ses intonations simplistes, presque tirées de comptines enfantines, sont juste faites pour coller au style. Un exercice difficile à réussir dans la langue de cette crapule de Molière. Les back vocals sont également efficaces et jamais superflues.

  Au niveau des textes on pourra regretter certaines prises de position un peu gauchos "standard" sur les O.G.M.s ou par moments sur 'Far East'.  Mais après c'est une question d'opinion. Le texte devient également misérabiliste sur 'Princesse Kostik' ( une détestable mode lancée par les Bérus...), mais dans l'ensemble çà passe. Un titre comme 'Retour aux sources' fait oublier ces petits défauts.

  A celà il faut ajouter des mélodies simples (encore que ?), un peu pataudes, pas super agressives mais qui vous restent dans l'oreille passée la première écoute.
La basse est digne du meilleur du punk anglais des 80s. La batterie est carrée, correcte, pro.
Le groupe se fend de quelques solis particulièrement adaptés aux mélodies sous-jacentes.
Bref, rien à redire. L'ensemble est homogène, à une piste reggae près, mais solide.

  Petites ombres au tableau. La reprise des Subs n'est pas à la hauteur du reste. La traduction lui enlève de sa force. La piste d'intro est bonne, mais trop longue à mon goût. Et surtout 'Putain de condés"... carton rouge, alcool + voiture = juste niet, rien à se plaindre !

  Au final, au niveau international un disque plus que convenable. Au niveau du pays, un miracle.
La preuve que tous les français ne sont pas des sous-Guetta, des radio nostalgie, des BBBrunes ou des weshs. J'ai l'habitude de dire que la Lorraine, ça craint, mais là je vais fermer un peu ma gueule ;).



Ça vaut le détour : 'Retour aux sources', 'Quand je serais mort', 'Retrouvailles', 'Princesse Kostik' allez, 'Rock star attitude' parce qu'on en connaît forcément un dans le genre et 'Débranchez la machine'.

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