samedi 16 juin 2012

GHOSTCLOCKS - BLOOD COMMAND

2010

  Si pour vous la Norvège c'est musicalement le black metal, le gagnant 2010 de l'Eurovision et A-ha, vous étiez à peu près comme moi. Autant le dire, des trucs extremo-satanico-pagano d'extrême droite, de la merde pop d'un autre temps, et un groupe pop/new wave kitsch à écouter en secret.
 Au fond de soi, on se doute que d'autres courants existent, mais rien ne vient s'imposer, même en étant un peu plus open que la moyenne nationale. A l'inverse de son grand voisin suédois, qui regorge de groupes de hardcore ou de pop (je vous en parlerais sans doute une fois, un jour). En gros, c'était le vide.

 Blood Command, fondé en 2008, dans la capitale norvégienne par ses trois compositeurs n'a pour le moment sorti que cet unique album, le reste étant composé d'EPs d'où proviennent quelques pistes de Ghostclocks. Ne possédant que le-dit LP de 10 pistes, je serais bien incapable de m'étendre sur leur évolution et leur style en dehors de la présente production.
De même, il y a peu d'infos sur le groupe en soi. Et ce, même dans les deux langues fleuries du royaume de Septentrion.

 10 morceaux aux structures éclatées et complexes alternant moments lourds et plus planants nous sont ici présentés. Les titres m'ont paru très longs et tarabiscotés. Un peu comme les paroles. Des mots assez inhabituels y font fréquemment irruption sur fond manifestement de problèmes sentimentaux ou autres événements privés assez cryptiques.
La chanteuse fait preuve d'une grande variété de tons et de façons de mettre en musique ses états d'âmes. Parfois crépusculaire, à la Bjork, parfois juste insupportable telle une gamine de 8 ans faisant sa colère, la plupart du temps son timbre aigu est bien mis en valeur. Comme si Paramore n'était pas la merde que c'est. J'en veux pour preuve sa prestation sur 'Party all the way to the hospital' et 'Five inches of a car accident' où elle ne fait, à mon sens, aucune faute de goût même en touchant à nombre d’atmosphères vocales.
Ses deux copains masculins poussent aussi à l'occasion la chansonette sur un simili-death metal. Pas super mais on a entendu pire.

 L'approche du hardcore par le groupe n'est pas tellement dans la veine brutale pleine de testostérone ou émo (bon si un peu quand même) comme les Américains savent en produire à foison. On retrouve plutôt une attitude arty qui emprunte beaucoup à la pop. Et j'ai envie de dire parfois on dirait bien à... A-ha ( 'Alarm all assasins' avec son synthé fait carrément écho à 'The sun always shines on TV').
Cet espèce de hardcore alternatif est très intéressant en soi. Si vous connaissez Gallows ou même certains groupes japonais, je pense que vous vous y retrouverez, au moins partiellement. Les influences d'autres styles sont très manifestes, notamment sur 'Incorporate use of cloack and dagger' et 'On and on chameleon'  où on a le droit à des rythmes disco/electro sous une couche de saturation.  Un brin de coldwave ou de death metal peut se trouver parsemé ici ou là également, ce qui confère à chaque morceau un cachet unique.
 Mais n'ayez crainte, le gros son n'est jamais bien loin et on se prend notre dose de fureur sur chacun d'entre eux (titre éponyme en tête).
Techniquement, on ne crie pas au génie, mais les changements mélodiques et la complexité des pistes viennent palier à ce "problème". Sauf sur l'ultime piste de l'album, où le batteur se lâche complétement. Et là, çà devient très respectable.

 Au final, ce groupe concilie deux spécialités nordiques, la grosse guitare tordue et malfaisante et la pop électro glacée. Et il s'en sort plutôt pas mal. Plus on l'écoute plus on a envie de l'écouter. Mais après, je ne pense pas que ce soit un album qui fera date dans le paysage musical international. Ce qui n'enlève rien à son intérêt, loin de là.
Je n'ai pas pu les voir live, bien dommage. Ce doit être beaucoup plus intense de les écouter comme celà.


Le clip est nul par contre. Vraiment nul.



Pistes : Toutes les pistes où la chanteuse officie sont de bonne facture mais voici mes quatre favorites :
-'Five inches of a car accident' où on jurerait que Yel est en featuring
-'Party all the way to hospital'
- 'Every exception has its rule'
-et bien sûr 'Ghostclocks'.

1 commentaire:

  1. J'aime beaucoup cet album d'ailleurs je l'ai chez moi, dédicacé par tous les membres, haha. J'ai négocié un T-Shirt à l'oeil avec un des mecs du groupe il était d'accord mais celui qui gérait les tunes ne l'était pas, dommage... :p

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