samedi 26 mai 2012

MITTENS INS HERZ - FREI.WILD

2006

 Cet article étant un des mes tout premiers, veuillez pardonner une rédaction bien sommaire.

 

  C'est vraiment avec cette galette que commença le phénomène Frei.wild. Pour quelqu'un porté sur les germanités, c'est assurément une production sur laquelle il est intéressant de se pencher. Ou si on reçoit Viva. Pour faire court, Frei.Wild a été depuis cet album adoubé, au sens médiéval du terme, "successeur" des Boehse Onkelz par leurs fans. Le son est proche, les compos ressemblent à celles de leurs idoles assumées. Forcément pour ce groupe plus ou moins punkoide oscillant entre hard-rock et punk, la scène antifa allemande n'a pas de mots assez durs. Traîtres, grosse merde mercantile, puants nationalistes.
Ben, oui et non. Concernant les accusations de "rechtsrock", il convient d'en savoir un peu plus sur l'origine même des membres.

  FreiIWild est un quatuor italien malgré le nom. Plus précisément du Sud -Tyrol, une région assez connue par les amateurs de montagne.
Jadis jusqu'à la première guerre mondiale ce territoire était au milieu de la mère patrie autrichienne et tout se passait dans le monde des Bisounours.
Et puis l'Autriche s'est faite poutrer, et les Italiens mauvais gagnants ont réclamé des territoires pour leurs efforts de guerre. Ils ont reçu des Alliés le droit d'envahir ce charmant bout d'Alpes, bien sombre et froid mais avec des châlets.
Depuis, à en croire Frei.Wild, les méchants Italiens y font rien qu'à essayer de coloniser le coin en changeant les noms et avec des gens du Sud. On comprend que culturellement ce ne soit pas la joie pour les "autochtones", qui ne se sentant pas franchement italiens et lorgnent sans complexe vers les modèles teutoniques voisins un peu trop idéalisés. Tiens, ça me rappelle un truc, mais quoi ?
 Quand on sait celà, on peut comprendre que les textes du groupe soit un tant soit peu porté sur la Deutschtum qui est un thème très présent.
Mais il y a également parmi leurs textes une forte attitude de défiance vis-à-vis du "système" et des autres.
Le mensonge et la calomnie, comme chez les Onkelz, sont assez bien représentés. Les textes sont ici bien souvent moyens car parfois trop directs et simples pour ne pas être un peu ridicules.

  Au niveau du son, pas de prises de tête, on est sur du hard-rock à l'allemande, sans déceptions mais sans grande surprises non plus. Les riffs principaux sont bons et accrocheurs, mais en règle générale la batterie, la basse et les solis sans être mauvais ne sont pas très originaux.
Cependant à mon sens, quelques morceaux sont très efficaces et surclassent le reste comme "Wie oft sollen wir's noch sagen" ou "Schwarz und weiss". Et c'est bien pour ceux-là que l'album vaut le coup d'être écouté. Quand le groupe décide de lever un peu le pied et de faire du soft, c'est du sous-Onkelz, assez dispensable comme sur "Zufriedenheit" ou "Brixen". Un des défauts principaux des compositions est que sous le couvert du rock, la volksmusik n'est jamais bien loin. Après tout dépend de votre seuil de tolérance. Une piste comme "Der aufrechte Weg" est pour moi bonne, même si le refrain me fait penser à ces fameuses grand-messes du samedi sur SWR.
Dans le même esprit mais plus joyeux et avec une onomatopée bien marquante "Ländereien" passe relativement bien si on est un peu ouvert.
Et entre nous, pour le rock anglo-saxon dès  que ça s'approche un peu trop près de la country c'est tout aussi craignos, alors que c'est plus ou moins accepté socialement...
Une petite mention à "Feuer Wasser Erde Licht"  et "Arschloch" qui alternent bons moments et gros vautrages. Une future marque de fabrique pour Frei.Wild.

  Le chanteur a une voix somme toute bovine (un peu à son image en fait...désolé c'est pas sympa). Quand on pense "Bavarois qui fait du métal", c'est à peu près à sa voix que l'on pense. Néanmoins une telle voix va très bien sur les morceaux les plus agressifs. Mais dès qu'il s'agit de faire un peu dans le sentiment, çà coince. Voir "Zufriedenheit". C'était bien tenté pourtant et on sent que ce type n'est pas un gros crétin et qu'il a un coeur. La vérité.
L'usage de chœurs est généralement correct, même si on sent par moments un peu de mollesse.

  Au final, on a là quelques bonnes voire très bonnes pistes noyées dans un ensemble plutôt moyen. Pourtant mélanger le deutschpunk et les influences métal avec un chant en allemand reste une bonne recette. Seulement Frei.Wild ne transforme pas l'essai au contraire de formations comme Massendefekt ou BRDigung. L'ensemble est un peu comme les frites de Mcdo, on aime bien au début, puis on s'arrête au bout d'un moment parce que c'est trop gras. Et si on est vraiment avec une envie de frites mayo musicale, il y a beaucoup de groupes de Oi! allemande bien balourds comme il faut qui font çà très bien, du genre Promille, Loikaemie ou Stomper 98. Mais vous connaissez l'histoire si vous avez lu les posts précédents.


                                    


A écouter : ' Weiter, immer weiter', et si les textes faciles ne vous rebutent pas trop 'Das Land der Vollidioten', 'Ich lache über dich','Schwarz und weiss', 'Wie oft solln wirs noch sagen'.

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