mercredi 23 mai 2012

IN THE GRASS - SPLENDORA

1995


D'habitude j'essaie de ne pas trop parler de moi en tant qu'individu (parce que déjà tout le monde s'en fout à la base). Mais pour cet album il convient de faire un bref topo. Splendora, beaucoup de gens les connaissent parce qu'ils signent le générique de la très bonne série "Daria", non inclus dans la présente galette. Il y a très peu d'infos à leur sujet. Groupe entièrement féminin originaire de New York  et n'ayant été actif que peu de temps dans les années 90. Comme ça pas, trop d'a priori à l'écoute, pas de mythologisation excessive.

  A la lumière de ce-dit générique j'avais des grandes espérances. Durant des années, j'ai aimé cette piste et pensé chacune des paroles à peu près tous les jours jusqu'à mes 19 ans. Elle correspondait parfaitement à l'esprit de la série et de ma propre vie. Je m'étais toujours demandé à quoi pouvait ressembler le reste de leur production. Merci Internet et tous les gros geeks de merde qui t'ont enfanté.

  Nous avons le droit à 14 pistes homogènes avec des titres pas franchement provocateurs ou agressifs, sentant bon le grunge plus ou moins sur la fin. Lors de ma première écoute, ce qui m'a le plus surpris c'est le ton généralement joyeux et apaisé. J'avais l'impression de découvrir l'album grungy de Jennifer Ayache en quelque sorte. Décontenancé, voire déçu (comme quand la fille du moment t'annonces qu'elle est lesbienne en fait, si vous voyez le genre), j'ai cependant donné une seconde chance à l'album (contrairement à cette fille, on s'entend). En effet, comme pour le reste des productions grungiques/nowaviques, il faut un certain état d'esprit pour entrer dedans. Et la grande majorité des morceaux s'en sort alors bien. Même si 'Cover the river' reste une catastrophe quelque soit l'état d'esprit lors de l'écoute.

  Le tempo n'est, on s'y attend, pas très élevé. On retrouve avec une certaine délectation, le son proche de celui de Sonic Youth. On est en terre connue avec ce bon vieux passage clean/saturé revenant de façon prévisible, juste comme il le faut pour que ça n'en devienne pas chiant. Les effets de guitares sont dans les standards du genre, parfois destroys et souvent garages. Les lignes mélodiques secondaires grinçantes et un peu glauques sont également là.
On pourra noter que les filles utilisent sur chaque piste un violon. D'ordinaire de loin mon instrument favori, il peut s'avérer tout à tour en trop ou bien placé comme sur 'Reanimator'. Basse et batterie nous offrent par contre une prestation pas franchement géniale. Mais bon, on s'y attend aussi.

  Le chant est quant à lui réussi sur chacune des pistes et les voix de chaque membre se traînent de la manière la plus judicieuse. Pour en revenir à Daria, une post-ado n'ayant pas de grande volonté mais de vagues expressions de sentiments chanterait de façon proche.


  Niveau texte, c'est assez easy to understand. Comme tout ce que je connais des groupes grunges, çà casse pas trois pattes à un canard. Tout basique, un peu mélancolique, avec un usage de mots quotidiens. Ce n'est qu'en écoutant attentivement qu'on se débarrasse de l'impression de joie superficielle pour toucher un texte vaguement désabusé. Mauvaise pioche cependant pour 'Beautiful', qui présente un refrain bien nul, alors que le reste passe. Dans le même registre, les onomatopées pop ne sont pas toujours très bien senties et si vous ne parvenez pas à les ignorer, elles vous ruineront le moment.

  Au final, on  a donc là un album correct mais pas inoubliable de musique grungy. Comme celle de tous les groupes de grunge, après réflexion. *Vous pouvez vous indigner ici.* Mais si vous vous êtes toujours plus ou moins identifié à cette pauvre fille de Lawndale comme moi (c'est possible même si l'on est un mâââââââââââââââle), celà devrait vous faire passer un moment qui vous rappellera votre adolescence. Enfin, surtout les vieux moments merdiques. Mais çà a le mérite d'être intéressant de temps en temps.




Pistes qui passent plutôt bien : 'Breeze', 'Pollyanna', 'Reanimator' quand même, 'Shirt on', 'Rocker' malgré un titre à coucher dehors, 'Bee stung lips'.

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