vendredi 18 mai 2012

THE FORMATION OF DAMNATION - TESTAMENT

(2008)


Dans le monde il y a beaucoup de choses absurdes vous en conviendrez. Des trucs à la con qui deviennent des règles incontournables. Dans le monde du métal c'est pareil. Le Big Four. Sérieux, c'est quoi cette mythologisation abusive ? Metallica version 80s, Megadeth, Slayer, c'est du lourd on est tous OK là-dessus. Mais Anthrax ? Pas la même région que les autres, pas tout à fait le même style ni la même approche. Le culte pour ce groupe new yorkais amateur de baskets moches reste pour moi une énigme... Pourquoi inclure pas  Lich King  dans le Big Four tant qu'à faire, hein ? 

  Je n'ai jamais compris pourquoi Testament n'était pas dans le club des dieux du thrash américain A l'époque, leur niveau et statut était très comparable aux trois grands pourtant, et ce même s'ils sont apparus légèrement plus tard. Mais non, quelque connard travaillant pour quelque magazine ricain genre le Tracks du metal en avait décidé autrement. Testament n'avait donc l'aura que les 3 autres avaient pour moi, et ce pendant des années, la faute à un début d'années 90, disons-le franchement, plutôt merdique. Ce groupe faisait partie de ma liste très select des "vieux gars", jusqu'à ma découverte de leur dernier opus sur l'excellent jeu PS3 Brutal Legend. On ne se refait pas, que voulez vous... Les deux morceaux qui y étaient proposés,  'For the glory of...' et 'More than meets the eye", étaient simplement parmi les meilleurs de la centaine de titres de l'OST du jeu. Incisifs, brutaux, épiques mais dans le sens vraiment puissant du terme, solidement techniques. Ça puait à plein nez le metal des grands jours et celà fait ressortir les vieilles sensations headbangiennes. Ou headbangiques. Ce fut la porte d'entrée idéale pour  un excellent album de putain de metal pur et je vais essayer de vous faire oublier les critiques de vieux ayatollahs métalleux de 40 ans partisans de l'éternel "c'était mieux avant".

  11 pistes, c'est amplement suffisant pour faire le plein de mort, de références biblico-sataniques, de feu, d'attaques contre la religion et les politiques. Et autant le dire, on en prend plein la gueule comme on est venu le chercher. Le topo est violent, orienté de façon morbide et malsaine porté avec force par la voix de Chuck Billy, parfaite pour le registre, puissante, gutturale. On peut pas faire mieux dans le registre vieux metalhead toujours en colère. On trouvera ainsi avec plaisir du "vrai" chant clair travaillé lors de refrains entêtants, puis une voix caverneuse et âpre vous donnant envie de grunter comme un con lors des strophes .
  Les textes sont plus convenus et peu originaux pour le registre. Ils résument bien la mentalité du genre et sont à la limite là plus en illustration qu'autre chose. Seul le texte de 'The evil has landed' traitant du 11 septembre m'a paru un peu au-delà de ce côté folklorique, abordant là l'aspect bassement revanchard, voire patriote du thrash d'antan se drapant volontiers dans la bannière étoilée. Mais à ce que je sache à la base le thrash, c'est bête et haineux non ?

 Les compos quant à elles sont variées, complexes, tortueuses comme un vieux serpent venimeux plein de cicatrices. La plupart ont un rythme élevé, misant sur l’agressivité, et le rentre-dedans, se reposant essentiellement sur  Bostaph et  son jeu très dynamique, achevé et efficace. Les guitaristes ne sont pas en reste et nous assurent notre compte de déluge de fer. Riffs lourds, puissants, méchants, arrêts découpants les pistes, on a tout. Les solis de Skolnick sont à mon sens adaptés à la piste sous-jacente et jamais superflus, contrairement à ce que j'ai pu lire sur le Net chez nos copains les 30-40 ans frustrés éternels ex-metalheads sur le retour. Ce mec reste à l'heure actuelle un de mes solistes de référence et n'a à mon sens pas encore vendu son âme à la facilité la plus plate.
Vous l'aurez compris, les classiques, voire les clichés du genre sont bien exploités ici. Alors c'est sûr,il n'y a rien d'innovant mais quand on voit que c'est le désir d'innover qui nous a donné 'Lulu', on se dit que rester dans les bons penchants du style, c'est pas forcément une si mauvaise idée.

  Petit bemol cependant, à partir de la piste 5 et sur la fin de l'album surtout, on a droit à des pistes moins brutes de décoffrage, avec des petites touches plus planantes('Danger of the Faithless', 'Leave me forever'). Elles n'en sont pas moins intéressantes, même si elles semblent plus "mainstream"par leurs riffs catchys et donc logiquement moins "true", moins crades, moins empreintes du thrash classique voire du death metal tendance mélodique plus récent. Enfin, il est vrai que 'Killing season'  et 'F.E.A.R.'sont des morceaux quelque peu décevants voire carrément dispensables, nous ramenant droit dans les sombres années 1990 de Testament...


  Au final, dans l'économie du metal où l'offre excède les capacités d'absorption du marché pour forger de nouvelles légendes durables transcendant les scènes, il y a peu d'albums qui tiennent la route comme celui-là. On verra bien dans 10 ans, mais j'espère que celui-là restera dans les annales. C'est méchant, c'est malsain, un vrai déluge ferreux, tout ce qu'on cherche pour exprimer sa haine quelqu'elle soit.



Recommandé :
- 'For the glory of...'
- 'The formation of damnation'
- 'The evil has landed'
- 'More than meets the eyes'
- 'Henchman Ride'

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Articles aléatoires

Blogger