vendredi 4 mai 2012

DIE ZEICHEN STEH'N AUF KRIEG - VERSAUTE STIEFKINDER

(1998)

  Ou "Les signes sont à la guerre" des " Enfants à problèmes de la belle famille" (difficilement traduisible en français). Autant être clair de suite, cet album n'est pas à montrer à tout le monde dans votre entourage et encore moins à faire écouter à des "noobies".
Ainsi si vous ne voulez pas briser votre couple, passer pour une personne "bizarre", n'en parlez pas. Mais puisqu'on est ici pour parler de musique qui ne passera jamais dans un média français, autant se faire un gros plaisir, avec ce son qui malgré les années s'accumulant fait toujours autant son effet.

  Le groupe qui nous offre gentillement ce chef d’œuvre livre les informations au compte-goutte. Tous ses membres sont originaires de l'ancienne RDA et ont grandi et commencé à jouer du punk à la fin des années 80, quand le marché de la musique était encore sous monopole d’État (mais non, pas comme en France...) et que la sinistre Stasi infiltrait les groupes. Autant dire que les types ne faisaient pas ça pour les meufs...
Ce n'est qu'au début des années 90 que la formation commença à exister réellement et à produire du matériel. En 1998 sort ce qui est leur album le plus connu, et considéré Outre-Rhin comme un album culte par une certaine scène d'extrême gauche. La plupart des pistes présentes sont issues du début de la décennie et reflètent très bien ce que fut l'Ostpunk à ses meilleures heures.

  Maintenant que le décor est planté, on comprend beaucoup mieux que pas grand-chose n'est gratuit là dedans et encore moins "fun". Les 15 pistes nous donnent une démonstration de punk hardcore européen old school, c'est-à-dire avec un son très sale, primaire et rauque, sans fioritures aucune et très important des paroles anarchistes bien noires. Tout en étant évidemment aussi primaires.
Musicalement, on est confronté le plus long de l'album à un mur de son épais agrémenté par des chants tantôt vite scandés tantôt hurlés mais il y aussi quelques traces fantomatique d'une seconde guitare. Et même en cherchant bien, on trouve en cherchant bien un vrai solo sur 'Krieg in den Städten' .
Les pistes sont totalement dans l'esprit du genre, courtes, pas très techniques et rentre-dedans 95% du temps. Le chanteur a trois lignes mélodiques mais qui celà reste dans l'esprit et colle donc bien avec le reste. Seules 'Eine Frage der Zeit' et 'Staatsgewalt' échappent quelque peu à cette règle, de façon réussie.
Vous l'aurez compris la musique est exempte d'influences "étrangères" et reste dans la matrice du DDR-punk, voire de la frange anarcho/antifa du deutschpunk. Le seul côté un peu dommage est qu'à force de l'écouter, on s'habitue à l'agressivité. Comme pour tous les styles de musique dits extrêmes, vous me direz.

  Du côté des lyrics on est en plein dans le paroxysme du punk allemand de l'est à l'ancienne. Tout peut sembler de nos jours cliché voire folklore urbain, mais la réalité de la vie en ce temps des déclassés de l'Ostgebiet est plutôt bien retranscrite.
Le message est très explicite et aborde sans aucun compromis les thèmes phares du deutschpunk : les appels à la violence sont communs contre l’État et les nazis anciens ou nouveaux, la critique sociétale n'est pas très fine et on retrouve l'association d'idées pas forcément géniale Bundeswehr = Nazis. Il y a aussi cette idée quand même un peu fantasmée de vivre dans un ghetto urbain (tiens, tiens comme ces chers petits weshons, euh...). Ainsi que les évacuations qu'on devine musclées de squats et autres expériences super punks.
Les textes sont courts mais efficaces dans la globalité.  Et heureusement, ils utilisent des termes pas trop basiques la plupart du temps. Cependant on pourra noter que jamais aucun texte ne sonne défaitiste,  bien au contraire les paroles sont des hymnes à ne pas se laisser faire.
Rien de bien positif, poétique ou simplement de nouveau, en somme. Beaucoup de haine des autorités et des "autres" mais aussi entre les lignes de soi.
Mais en même temps je vous dirais, quand on écoute ce CD, on ne le fait pas pour entendre la Grande Sophie et clones/assimilés, mais bel et bien parce qu'on veut du hardcore vraiment hardcore. Et pas du coulage de mascara anglophone.

Au final, un excellent album archétypal, à sortir de son tiroir si des envies haineuses d'anarchie et de brutalité auditive vous prennent. Puis à ranger aussitôt qu'un potentiel partenaire sexuel est proche.


 


Recommandé plus particulièrement :
 -'Frei Staat'
- 'Schlag zurück'
- 'Krieg in den Städten'
- 'Die Demokratie muss gelegentlich im Blut gebadet werden'
- 'Wenn keiner reagiert'
- 'Eine Frage der Zeit'.




Pour LA personne qui voudra creuser un peu le truc et qui comprend bien l'allemand : http://www.myspace.com/bastardliesel/blog/524905745

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