jeudi 19 avril 2012

REDNECK WONDERLAND - MIDNIGHT OIL

1998

 Redneck Wonderland fut l'avant-dernier opus sorti par le groupe australien ayant été une valeur sûre du rock dans les années 80s. Depuis le chanteur Peter Garett a entamé une carrière parlementaire quelque peu controversée, et le groupe se réunit épisodiquement à diverses occasions comme pour les jeux de Sydney.  Dans nos contrées les Australiens ont quelque peu sombrés dans l'oubli, surtout chez les générations les plus jeunes. Le seul titre qui a à peu près atteint l'imaginaire collectif est leur très fameux 'Beds are burning' (récemment violé par les Enfoirés), qui s'il est excellent n'est pas la seule pépite qu'ils nous aient offert.
 Assez largement ignoré, cet album n'en est pas pour le moins mauvais, même s'il dénote avec le reste de la discographie des Oils. En effet prenant le contre-pied de Breathe, cet album est parfois agressif, parfois opressant mais quasiment toujours critique voire désabusé. Il renoue avec une certaine complexité des compositions qui en rend l'écoute agréable. L'usage de sons électroniques assez bien dosés vient compléter l'ensemble.

 Au niveau purement musical, ce qui frappe est la cohabitation d'éléments provenant d'époques antérieures  et distinctes dans la carrière du groupe au sein de chaque chanson, mais le tout recouvert d'un nappage de traitement numérique "moderne" du tournant du millénaire. Les sonorités et effets des deux guitares, ainsi que le travail de claviériste de Moginie s'accordent parfaitement. Un aspect particulièrement appréciable de la composition est que pour l'auditeur attentif, il n'y a pas véritablement de répétitions de l'ensemble de l'instru au fil des morceaux. Rob Hirst est également à son meilleur niveau depuis le début de la décennie 80. On oscille entre pop (Drop in the ocean), le blues de l'outback déjà présent sur Diesel and Dust (Seeing is believing), le rock alternatif de la fin des 90s (Redneck Wonderland) et on trouve même parfois des moments dignes de Marylin Manson heureusement sans les conneries pseudo-sataniques comme sur 'Blot'.
Mais ce qui est le plus admirable, comme à chaque fois, est la capacité de Garrett à construire des sections vocales tout simplement folles à imaginer mais très cohérente avec le reste. Il tord sa voix comme à l'accoutumée et s'en sert comme d'un véritable instrument.

 Les grands thèmes du groupe sont toujours présents. Garett nous narre ainsi les affres de la société consumériste occidentale ou tout simplement moderne, sur l'humain et l’environnement. Mais de manière plus subtile et intelligente que bon nombre de formations anarcho-écolos. Cette critique quelque peu froide en apparence, laisse transparaitre en dessous une palette d'émotions là aussi large. Les autres thèmes de prédilection du groupe sont également abordés mais de manière moins systématique. Un grand amour de leur terre natale mêlé à un ressentiment envers la période coloniale, la défense des Aborigènes ont toujours une place au sein des pistes.

Au final, on a là droit à un sursaut d'un de vétérans du rock anglo-saxon, mais de grand intérêt et dégageant une atmosphère unique. C'est aussi un cri de lassitude et d'un certain désespoir à l'encontre tout simplement des habitudes de vies modernes et des gens, sans pour autant jamais verser dans la misanthropie. Tout reste malheureusement si vrai même 14 ans plus tard...

A écouter : toutes les pistes au moins deux ou trois fois, mais mon coup de cœur va à 'Redneck Wonderland', 'Cemetery in my mind', 'Comfortable place on the couch' et 'Blot'.




PS : Bon, à ce stade c'est confirmé, pas trop difficile d'écrire une critique musicale pour le Net. Donc si par mégarde je deviens comme la plupart des chroniqueurs du Net, fondamentalement injuste et narcissique, que quelqu'un me laisse un commentaire constructif. D'avance merci ;)

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