lundi 16 avril 2012

NOSTALGIE ? EUH...


Les années 2000s en terme de musique ? Personnellement, je dirais aussi à chier que la décennie précédente. Du moins si on regarde les conneries genre 'Star story' et qu'on se fie à la culture américano-française des masses. Entre un hip-hop nauséabond devenu omniprésent, des éruptions de musique électronique faite pour être multipliée à l'envie, une mentalité générale dirigée vers la futilité  (même si ça n'a rien de nouveau...) et le triomphalisme de notre modèle de société bien-pensante, on peut dire que je ne regrette pas vraiment ce doux temps là.
Mais au milieu du marasme il y a quand même eu de bonnes voire d'excellentes surprises, là où on ne les attendait pas. Place donc à un paysage musical assez décalé comparé au reste du monde (lol si je puis me permettre), c'est à mon tour de vous gaver avec mon best of...Et comme j'ai mauvais goût, accrochez-vous.

1.W.A.T.-Laibach (2003)



Cet album est pour moi, néophyte de la musique industrielle, une excellente porte vers ce courant musical. Laibach n'en est pas à son coup d'essai, mais atteint ici un résultat particulièrement abouti. Tout est là dans le plus pur style laibachien mais en mieux. Les rythmiques froides et mécaniques sont devenues techno et se déroulent d'elles-même. La voix de Milan Fras est toujours aussi gutturale et solennelle, déblatérant des textes très "engagés" et jouant sur tous les extrêmes religieux ou politiques du siècle passé. Le tout sur fond de 11 septembre et d'invasion de l'Irak.





2.A végén majd meghajlunk- Alvin és a mókusok (2008)

 

Ils n'avaient au début rien pour arriver à produire un son qui à mon sens n'a pas grand-chose à envier des grosses pointures américaines du "pop-punk" des 90s. Imaginez trois hongrois chantant dans leur langue et jouant un punk-rock digne d'un groupe soit-disant rebelle de la banlieue parisienne. Impossible à priori qu'ils évoluent vers une telle maestria du style. On retiendra surtout ici les prestations du batteur, à mon sens tout bonnement un des meilleurs du monde, et du couple de chanteurs qui malgré la barrière de la langue arrivent à en faire un truc qui claque. Ne parlant pas hongrois, je ne peux pas juger de la qualité des textes malheureusement.


3.Stup Religion-Stupeflip (2005)

 

C'est assez rare que je soutienne quelque chose de français ou avec des inspirations lyriques, mais chez Stupeflip tout est tellement déglingué, noir et cradingue que j'accroche. Vous êtes prié de vous reporter aux nombreuses chroniques de l'album sur le Net, nettement mieux écrites que les miennes.





4.En el principio fue el ruido - Die Toten Hosen (2009)

 

Les Toten Hosen, vieux groupe fatigué ? Commercial jusqu'à la moelle ? Équivalent teuton de Johnny avec 20 ans de moins ? Oui, certes. Et pourtant, au delà de l'image que les profs d'allemand et leur gentiellette "nouvelle politique culturelle" veulent nous donner pour que l'allemand soit "enfin cool", il y a des morceaux tout simplement énormes. Le groupe a, je le pense sincèrement, livré avec cette édition argentine leur chef-d’œuvre. Quasiment toutes les pistes sont d'une facture excellente et Campino a une voix puissante comme jamais, les textes sont empreints d'un certain pessimisme mais sont définitivement matures et poussent même à réfléchir ! A titre d'exemple, pour moi 'Ich bin die Sehnsucht in dir' est tout simplement une des meilleures chansons que j'ai eu l'occasion d'écouter de toute ma vie.


5.Fatal Bazooka - Fatal Bazooka (2008)

 

Wah l'autre, y dit que Michael Youn c'est bien ! Wah c'est un putain de fake, un poseur de merde qui se fout de la gueule du rap français et des tous ses bonhommes ! Bah oui. Cet album n'est pas seulement celui qui m'a décoincé avec le hip-hop (suite à des années de wesh-wesheries...), mais il est ce que le rap français (espèce de Frankenstein musical en liberté) méritait amplement. Un concept décalé, des textes excellents, une production au millimètre et une insolence toute younienne. Vous avez besoin de quoi de plus ?
Et rien que pour Canapi  dans la BO du film ou l'ending de Finistère Amer, ça vaut la peine de s'y intéresser.







6.Daily Terroristen - Tritt in den Arsch vol.1 (2008)

 

Pedder Teumer, chanteur du légendaire groupe teuton et keupon des années 80, Daily Terror, a voulu nous livrer avant sa mort d'un cancer de l'estomac en 2009, un dernier et excellent album, ironiquement laissant penser qu'il y aurait un volume 2 un jour. Le style est très éloigné de celui de Daily Terror tirant sur le hard-rock voire le métal et est pourtant un des meilleurs de la scène alterno-punk germanophone. Le tempo est en général soutenu et les textes ainsi que les riffs expriment bien tout ce que Pedder voulait laisser au monde avant de s'éteindre. Entre les pistes folkloriques contre l'état et les moments plus intimistes comme sur 'Wo bist du ?' ou 'Der Himmel weint', il n'y a quasiment que du lourd. Le genre de disque qu'on espère sortir une fois dans sa vie. Adieu l'artiste.


7.Kansas -Kansas of Elsass (2004)

 

Séquence nostalgie. Dans les années 2000 quand on est jeune et qu'on vit dans l'Est on n'échappe pas à la déferlante Kansas of Elsass. On ne peut pas. Ce mec avait un concept béton et qui puait tellement le vécu qu'on s'y retrouvait tous à l'époque. 'Johnny Star' c'est l'histoire d'un mec comme il en existe dans chaque village. Cet accent qui nous tient à cœur est ici exploité au maximum de son potentiel comique et en même temps tragique en un certain sens. Comme l'âme alsacienne. Les textes sont bien "gscheit", tout comme le personnage incarné par Gyss, un rockeur un peu ringue du Ried fan de tuning. Le son est lui aussi dans cet esprit avec un aspect dépassé, un peu à la Didier Super, mélange d'influences peissouses et vieillottes. Kansas, un peu comme les autres artistes francophones qui ont mes faveurs, introduit son auditeur dans un univers (terme que je déteste mais qui s'applique bien ici) bien particulier. Et il se trouve que c'est celui où j'ai en partie grandi.


8.Cocaïno-rap musique volume 1 et 2 édition finale - Roi Heenok (2009)

 

Qui ne connait pas le Roi noir de c'putain de rap-jeu ? Tout est tellement mauvais ici du texte, de la diction, des samples moisis en fond sonore, de l'attitude du Roi, que c'en est génial. Avec ce double album le Roi de la Rive-Sud nous fournit une surdose qui fait du bien. Allez, allez, bande de putes nègres, allez haïr auprès d'autres sit-euh sur l'Internet-euh.
 Han !







9.Burli- Sportfreunde Stiller (2004)



Il y a des moments dans la vie où on est fatigué des trucs hardcores, des trucs sans queue ni tête, des trucs qui ont arrière goût de bile. Il y a des moments comme ça, où on a besoin de pop et de choses optimistes. On a besoin d'un groupe sain et gentil comme les Sportis. Plus jeune, quand mon cousin m'a parlé du titre phare de l'album 'Ich Roque' et de son clip d'anthologie je me suis dit que celà devait être énorme. Je n'ai pas été déçu. Depuis Sportfreunde Stiller est devenu un de mes groupes préférés et un espèce de havre de normalité. Le son est très bon et marie bien le rock que l'on dirait alternatif et l'électro. Chose étonnante sur la plupart des morceaux l'allemand devient presque doux et perd de son côté grotesque et agressif. L'arrangement des morceaux fait office au royaume de la pop de coup de génie. Juste comme il faut.


10.Auf dem Mond ein Feuer - Totenmond (2001)

 

En terme de musique brutale voire plus que brutale, j'avais d'abord pensé à vous parler de Comeback Kid, Walls of Jericho ou Wolfpack/Wolfbrigade. Et puis, et puis... Il est revenu. Ce disque est comme qui dirait "Brutality brutalized". Quand j'avais acheté ma première compil 'deutschpunk' à 17-18 ans, il y avait ce morceau qui défonçait tout 'Keine Macht für niemand'. Avec le temps j'ai appris qu'il provenait de cet opus de reprises du punk des années 70-80 par le groupe le plus noir et le plus lourd d'Allemagne. 'Es kracht wie die Hölle' pouvait-on lire comme critique. Et effectivement celà sonne comme l'Enfer. Un son rude, répétitif, limite moche, et tellement agressif. Aucun truc ne pourra atteindre un tel degré de brutalité dans le hardcore je pense, même avec des cris, du maquillage et en bougeant comme un ouf dans son clip alors que le mec joue deux notes. L'enfer, c'est celui des punks se battant dans leurs délires contre la répression, l'auto-destruction et les nazis vieux et nouveaux. Et c'est ce qui marche, cet Enfer-là est bien plus effrayant que celui du black métal.


11.En la linea del frente - The Casualties (2005)

 

Dans les années 2000s, la vague pop-punk des États-Unis, il faut bien l'avouer, part un peu en latte. Beaucoup de groupes trop oufs de la mort viennent au monde avec plus ou moins de tatouages puis disparaissent aussi vite. Les groupes punks ou hardcores n'échappent pas à la règle. Parallèlement il y a une montée en puissance lente mais réelle de l'Amérique Latine. Celle-ci, tout comme l'Espagne, n'avait rien produit de bien transcendant pour moi. Ingobernables de Sin Dios s'est avéré être par exemple une grosse déception malgré un titre éponyme excellent. Et puis ce bon vieux Jorge, avec ses dents à faire peur, se pointe avec un album entier des Casualties mais dans sa langue natale. Et pas un des pires. Si je ne suis pas un grand fan des Casualties, justement à cause du chant, il faut avouer qu'en espagnol l'album est monstrueux. Exotique mais pas trop, sincère mais pas trop, bref dans le moule Casualties.


12.20 лет одиночества-Naiv (2009)

 

Le dernier et ultime CD qui a marqué mes années 2000s est cette compilation résumant les 20 années de carrière d'une des meilleures formations de pop-punk "européen", qui musicalement n'a pas grand chose à envier à la vague US. Avec un son assez blinkien mais le talent en moins au niveau des futs (et c'est peut-être ce qui rend l'ensemble digeste), les Russes nous fournissent à quelques exceptions près une très belle prestation. Je pense qu'après Kino, ils sont un des groupes les plus accessibles pour un non-russophone. Le son est assez marketé et ne dénotait pas trop sur MTV-Russia, mais l'efficacité et la fraicheur du truc suffit à faire oublier ce "défaut". Car oui le marketage c'est parfois pas plus mal.
En tous cas, c'est bien cet album qui m'a ouvert l'horizon vers les pays post-soviétiques et leur musique rock en fait assez proche de ce que peuvent faire les Japonais, le côté mongolito-kawai nous étant épargné. L'ensemble est varié et possède des constructions de morceaux intéressantes non cloisonnées dans un style, comme les Russes savent en produire. La vidéo ne rend pas forcément justice au groupe, mais m'a bien fait rire de par son côté cheap.


Allez, peut-être qu'à l'occase je vous ferais les années 90 puisqu'il paraît que c'était encore plus le bon temps.

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