lundi 16 avril 2012

ADIOS - BOEHSE ONKELZ

2004




Après une entrée en matière avec un bon petit classique international lors du dernier article, il était temps d'entrer dans le vif du sujet : à savoir la musique jusqu'ici jamais passée en revue par un francophone. Aujourd'hui je vais m'attaquer à un des groupes les plus monstrueux que l'Allemagne ait jamais enfanté. Rammstein ? Il n'y a pas que çà dans la vie, pauvre lecteur qui croit tout savoir grâce à Rock Mag/Metal Mag et autres... Non, il s'agit simplement du groupe qui a collectionné le plus de numéro un dans les charts allemands, et chose impensable en France avec un son oscillant entre Oi!, heavy metal et hard rock (et une réputation de néo-nazis aussi...). Constitué de quatre membres, il est toujours fédérateur et respecté aujourd'hui comme une référence par une bonne partie de l'Allemagne . Et ce, même après une séparation définitive en 2005 au terme d'un concert géant regroupant 120.000 personnes pour clore 25 ans de carrière. Adios est donc leur dernier cadeau avant la dissolution définitive.

 Tout d'abord il convient de signaler deux points importants : une production impeccable au niveau du son et une assez grande diversité des morceaux comme sur les trois précédents albums du groupe. En effet on passe assez facilement de la ballade au hard rock métallisant rempli de cette bonne vieille testostérone. Cette diversité pourtant ne sauvera pas l'album d'une certaine impression de répétition, ni de quelques pistes relativement peu intéressantes. En effet sur les 15 qu'il comporte il y en a neuf qui sont d'une facture excellente, les autres étant au mieux inégales et au pire carrément dispensables.

 La diversité est également et avant tout celle des influences savamment mélangées. Les solis de Matthias 'Gonzo' Röhr sont teintés de blues comme à son habitude, mais chose plus étonnante le jeu du batteur P. et de la guitare rythmique de Stephan Weidner lorgne parfois carrément sur le funk ou le disco sans que celà soit dommageable à l'ensemble comme sur 'Prinz Valium' ou 'Haas-tler'. La voix aisément identifiable de Kevin Russell fait toujours autant vivre les textes de Weidner, pourtant assez personnels. Les thèmes choisis par les 'Mauvais Oncles' restent dans la lignée des albums précédents. Les accusations de néo-nazisme, la critique de la société dans laquelle nous vivons encore, la prise de conscience d'avoir perdu son temps à jouer au skinhead sont toujours là mais côtoient plus que jamais une certaine mélancolie d'une fin annoncée.

 Venons en aux titres qui fâchent et qui laissent penser que les Oncles ont bien fait de s'arrêter là. Il y a 'Ja, ja' qui a des relents assez puants de schlager ou de volksmusik, un écueil assez commun chez les germanophones. De même 'Immer auf der Suche' possède quant à lui un riff particulièrement énervant digne de Kansas of Elsass. 'Einmal', 'Kinder dieser Zeit', 'Prinz Valium', 'Haas-tler' et 'Ueberstimuliert' sont également pour moi  un peu en-dessous de ce que les Oncles peuvent offrir mais sans être mauvais pour autant, mais on se retrouve avec quelque chose sans puissance véritable et tombant un peu dans la routine.

Le reste est l'aboutissement du style du groupe, leur paroxysme avec certains des morceaux des deux opus précédents. 'Superstar' manifeste anti-émission-de-télé-avec-des-chanteurs-en-carton toujours d'actualité, 'Lass mich gehn' et son cri juste comme il faut , 'Onkelz vs Jesus' un hymne d'auto-glorification bien marrant à la structure un peu atypique pour les Oncles, sont autant de petits bijoux de hard rock/metal bien ciselés. Mais mes titres favoris sont définitivement 'Sowas hat man' où Weidner fait le point sur sa vie avec un crescendo efficace et les deux dernières pistes fonctionnant en tandem. Pas étonnant qu'elles aient été les toutes dernières jouées lors du concert d'adieu. L'émotion est là, chose que l'on attendait pas chez des brutos pareils 15 ans auparavant. Une page se tourne irrémédiablement et avec ce groupe c'est un peu la fin d'une ère, celle du rock sauvage et brutal des mauvais garçons d'Outre-Rhin qui s'achève. Ces deux pistes de conclusion ont fait pleurer les gros bikers tatoués, c'est pour vous dire...

Au final cette galette reste pour un amateur de rock un peu bourrin mais pas trop le moyen le plus sûr de découvrir un des meilleurs groupes que la Terre ait porté selon moi.



Morceaux recommandés : 'Superstar', 'Onkelz vs Jesus', 'Ihr hättet es wissen müssen', 'A.D.I.O.Z.','Sowas hat man'.

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